En mai 2019, j'ai dépassé le cap de 30000 km à vélo solaire. Rouler avec nos drôles d'engins encombrés de panneaux solaires n'aura pas été qu'une passade liée à notre participation au Sun Trip en 2015. Depuis 2014, Yannick et moi, nous poursuivons le bonheur de voyager à vélo et nous nous évadons à coup de pédales dès que possible. 

2019-06-02 Vélo Portalet Bielsa 009

2019-05-31 Vélo Portalet Bielsa 040

2019-05-30 Vélo Portalet Bielsa 017

Après la Turquie en 2015, les pays Baltes en 2016, 2017 a été l'année du premier Sun Trip Tour les routes de la régions Auvergne Rhône Alpes . En 2018 nous avons fait le tour des Pyrénées puis du Portugal. Dans quelques jours nous prendrons à nouveau le départ au Puy-en-Velay du 2ème Sun Trip Tour Auvergne Rhône Alpes . Pendant deux semaines, nous parcourrons environ 1500 km en compagnie d'une cinquantaine de vélos soalires, dans tous les départements de la région avec même un petit tour en Suisse et en Italie. Des villes étapes nous acceuilleront tous les deux jours environ. Entre chaque accueil, nous serons libre de choisir notre parcours et nos arrêts.

bandeau-site-mini

Malgré l'assistance électrique, le dénivelé important, les nombreux cols, l'obligation de rejoindre les villes étapes quel que soit le temps, font de ce parcours une épreuve sportive qui sera pour moi un vrai challenge. Car, si faire du vélo est une constante depuis quelques années, lutter contre mon cancer qui me tire vers le bas en est une autre.

30000 km de vélo c'est un petit exploit, mais avoir réussi à vivre 9 ans avec un  cancer dont le diagnostic initial était plutôt catastrophique, est un parcours autrement plus difficile, même avec l'appui d'une importante équipe de soignants et de dispositifs thérapeutiques à la pointe. Initialement situées dans le sein, des cellules cancéreuses s'étaient déjà propagées à ma colonne vertébrale et ma chaîne ganglionnaire dès le premier diagnostic en 2010. Depuis, cet ennemi intérieur a été attaqué à grand renfort de chimios, radiothérapie, thérapie ciblée, traitements hormonaux, chirurgie, radio chirurgie. Il n'y aura pas eu une année sans mettre au point une réponse thérapeutique pour faire régresser ou contenir une nouvelle évolution. Mon quotidien c'est une chimiothérapie en milieu hospitalier toutes les trois semaines, précédées de prises de sang, des tepscan, IRM ou scanner et échographie cardiaque tous les trois mois, une opération lourde des vertèbres, un curage axillaire, des séances permanentes de kiné pour pallier au lymphoedeme et douleurs, des séances de radiothérapie sur le sein et les métastases osseuses, et bien sûr toutes les réjouissances des effets secondaires des traitements : fatigue, douleurs articulaires, crevasses et panaris aux mains et pieds, migraines, fièvre, saignements, aphtoses, mycoses, aplasie, larmoiement  etc..

Mais c'est le prix à payer contenir le cancer dans des limites qui malgré tout m'ont permis de vive ces 9 années presque normalement, et peut-être plus intensément encore.

IMAG0158

IMAG0159

Ma tête en 2011 après les chimios de première ligne

Malgré tout, celui-ci devient de plus en plus résistant et gagne du terrain. Ces derniers mois, la maladie a fait un saut dans la gravité et la menace qu'elle fait peser sur moi. Des métastases ont atteint mon cerveau. Celles-ci ont été éradiquées par une intervention de radio-chirurgie grâce à l'apparteil Gamma-Knife situé au CHU de Toulouse, une première fois en novembre 2018, puis à nouveau, des métastases récidivantes en plus grand nombre, ont été irradiées aux rayons gamma tout récemment, le 21 juin 2019.

Appareillage pour le passage au gamma-knife

Des métastases se sont également logées dans mes poumons et celles qui étaient déjà connues sur mes vertèbres lombaires se sont réactivées créant une compression de la moelle épinière et me faisant souffrir. Toutes ces évolutions nécessitent un changement de protocole thérapeutique. Pendant toutes ces années mon traitement principal a été constitué de thérapies qui ciblent les récepteurs HER2 dont sont porteuses mes cellules cancéreuses. Ces traitements sont moins invasifs que les chimiothérapies à spectre large. Au vu des évolutions, il semble que ces traitements ne soient plus efficaces et il faudra probablement fermer cette voie thérapeutique prochainement. Néanmoins pour cet été, on va encore faire une dernière tentative et je vais reprendre du Tyverb (Lapatinib pour les connaisseurs) associé à un traitement hormonal. Un nouveau bilan à la mi-août permettra d'évaluer les effets.

Je ne suis pas sûre que ce protocole établi pour juillet et août sera efficace, étant donné que j'avais déjà développé une résistance au Tyverb il y a 2 ans, mais l'énorme avantage est qu'il est sous forme de comprimés par voie orale (6 comprimés / jour) et que je suis donc libérées des habituelles intraveineuses en milieu hospitalier.  J'ai donc devant moi 6 semaines pleines sans contacts avec le milieu médical et l'hôpital et c'est si rare que ça me fait l'effet d'un énorme cadeau. J'ai devant moi 6 semaines jubilatoires pour ne faire que pédaler et ne penser à rien d'autre.

A moi les routes de l'Auvergne et des Alpes, de la Suisse, de l'Autriche et la Slovénie!

Youpiiiiii!!!!

2019-06-01 Vélo Portalet Bielsa 012